Les bases légales du traitement (RGPD)
En vertu du principe de licéité du traitement posé par l'article 5, paragraphe 1, point a) du RGPD, tout traitement de données personnelles doit reposer sur l'une des six bases légales énumérées à l'article 6. L'absence de base légale valide constitue une violation du RGPD susceptible de sanction.
Vue d'ensemble des 6 bases légales (article 6 RGPD)
(a) Le consentement
- Pas de cases précochées : la personne doit cocher elle-même.
- Pas de déduction du silence : ne pas répondre à un email ne vaut pas consentement.
- Retrait facile : la personne peut retirer son consentement à tout moment, aussi facilement qu'elle l'a donné.
- Non adapté aux relations employeur/salarié, en raison du déséquilibre de pouvoir.
- Pour les mineurs de moins de 15 ans en France : consentement des parents requis.
(b) Exécution d'un contrat
(c) Obligation légale
- À la conservation des bulletins de paie par un employeur (obligation issue du Code du travail).
- À la transmission de données fiscales à l'administration (obligation issue du Code général des impôts).
(d) Sauvegarde des intérêts vitaux
(e) Mission d'intérêt public
(f) Intérêts légitimes
- Identifier un intérêt légitime du responsable ou d'un tiers (intérêt commercial, sécurité, prévention de la fraude…).
- Démontrer que le traitement est nécessaire à cet intérêt (pas simplement utile ou pratique).
- Vérifier que les intérêts ou droits fondamentaux des personnes concernées ne prévalent pas sur cet intérêt (test de proportionnalité).
Articles clés à connaître
- Article 5(1)(a) RGPDPrincipe de licéité : tout traitement doit reposer sur une base légale valide.
- Article 6 RGPDListe exhaustive des 6 bases légales : consentement, contrat, obligation légale, intérêts vitaux, intérêt public, intérêts légitimes.
- Article 4(11) RGPDDéfinition du consentement : manifestation de volonté libre, spécifique, éclairée et univoque.
- Article 7 RGPDConditions du consentement : charge de la preuve, droit de retrait, proportionnalité.
- Article 13 RGPDObligation d'informer la personne concernée de la base légale du traitement au moment de la collecte.
💡 Exemple concret
Une entreprise envoie une newsletter commerciale : (1) Si elle utilise le consentement → elle doit avoir une case à cocher spécifique pour la newsletter, non précochée. (2) Si elle veut utiliser les intérêts légitimes → elle doit démontrer que son intérêt commercial est réel, que la newsletter est nécessaire à cet intérêt, et que l'intérêt des abonnés (ne pas être spammés) ne l'emporte pas. La CNIL recommande le consentement pour les communications marketing B2C.
Pièges à éviter
- ⚠On ne peut pas changer de base légale en cours de route : si le traitement a débuté sur la base du consentement, on ne peut pas switcher vers les intérêts légitimes si le consentement est retiré.
- ⚠Le consentement n'est pas la 'meilleure' base légale dans tous les cas : si une obligation légale s'applique, il faut l'utiliser, et le consentement ne peut pas la remplacer.
- ⚠Les intérêts légitimes ne sont pas une base légale 'fourre-tout' : le test de mise en balance est exigeant et doit être documenté.
- ⚠Pour les données sensibles (article 9), une base légale supplémentaire spécifique est requise en plus de l'article 6.
L'essentiel à retenir
- ✓6 bases légales exhaustives : aucune autre n'est possible.
- ✓La base légale doit être choisie AVANT le début du traitement et communiquée aux personnes.
- ✓Consentement : libre, spécifique, éclairé, univoque, et retirable à tout moment.
- ✓Intérêts légitimes : nécessite un test de mise en balance documenté.
- ✓Pour les données sensibles (article 9), une condition supplémentaire de l'article 9(2) est toujours nécessaire.